Le Mont-Blanc est un terrain de jeu mythique pour les amoureux de VTT, et le parcourir en vélo à assistance électrique avec des guides passionnés, c’est une expérience à part entière. Nous avons eu la chance de vivre ce périple unique avec Specialized, en compagnie d’une fine équipe de riders et de journalistes européens, sur les fameux Turbo Levo 4 Comp Alloy. Voici le récit de ces trois jours intenses.
Le Tour Du Mont-Blanc
3 jours de ride
Guidé par Season Guiding
Mon vélo : Specialized Turbo Levo 4 Comp Alloy
Introduction — L’appel des montagnes
À l’invitation de Specialized et Season Guiding, nous avons quitté nos habitudes pour répondre à un défi qui ressemble davantage à une petite expédition qu’à un simple reportage : réaliser le Tour du Mont-Blanc en VTTAE. Un périple pensé pour celles et ceux qui aiment se perdre dans les reliefs, sentir le sol sous les pneus et laisser la montagne dicter le tempo.

Le rendez-vous est donné à Chamonix, en cette mi-octobre où la nature entame son lent basculement vers l’hiver. Les forêts se parent de jaune et d’ocre, les cimes blanchissent, et l’air sec transporte l’odeur des premiers froids. C’est cette période de l’année où le massif semble plus sauvage, presque solitaire, comme si les Alpes reprenaient possession de leurs territoires une fois les foules de l’été parties et avant l’arrivée de celle de l’hiver.

Pendant trois jours, nous avons rouler autour du sommet le plus haut d’Europe, traverser trois pays, dompter des sentiers mêlant racines piégeuses, crêtes étroites et descentes interminables. Un tour mythique, au cœur d’un décor qui a vu naître bien des légendes de l’alpinisme et de l’aventure.

Un périple où l’assistance électrique n’est pas un raccourci, mais un outil : celui qui permet d’enchaîner les heures de selle, les passages techniques et les panoramas à couper le souffle, sans jamais enlever la part d’effort, de doute et d’adrénaline. Une aventure où chaque montée, chaque col et chaque vallée raconte une histoire.

Jour 1 : De Chamonix aux Alpes suisses, entre glaciers et descentes alpines
Jour 1 — De Chamonix à Champex : 39km – 2000m de D+ – 2300m de D-
Le départ se fait à Chamonix, au pied du Mont-Blanc. Entre la brume matinale et la mer de glace, le décor est déjà spectaculaire. Guidés par Antoine de Season Guiding, nous débutons par les sentiers techniques du petit balcon sud, surplombant la vallée et offrant des vues impressionnantes sur les glaciers et les sommets.

Les premières montées sont exigeantes, avec des chemins remplis de racines et de pierres. Mais les VTTAE facilitent le rythme, même sur des passages plus physiques. Les descentes, elles aussi, demandent de la vigilance : un mélange de racines, de dalles rocheuses et parfois un peu de vide sur les côtés. Nous offre un vrai terrain de jeu pour l’enduro.

À Argentière, le ciel se dégage et la vue sur le Mont-Blanc s’ouvre pleinement. C’est l’occasion de jeter un œil au matériel : mes freins méritent un ajustement, mais rien qui ne vienne gâcher le plaisir du ride. On s’engage ensuite gentiment sur une large piste en direction du Col de Balme, porte d’entrée vers la Suisse… et surtout vers la première véritable descente de la journée.


Cette première longue descente alterne passages en balcon, avec une vue imprenable sur le lac d’Emosson, et sections plus techniques dans les épingles. Un pur bonheur qui nous mène jusqu’à Trient, au pied du Col de la Forclaz. C’est d’ailleurs un peu au dessus de ce col que nous basculons pour la dernière descente du jour, à travers les vignobles valaisans, jusqu’à rejoindre Martigny.


La première journée s’achève par un shuttle vers notre hôtel, au bord du lac de Champex. Un cadre idéal pour récupérer, avec des panoramas à couper le souffle sur les montagnes environnantes.











Jour 2 : De la Suisse à l’Italie, entre crêtes et vallées
Jour 2 — Champex à Courmayeur : 48km – 2400m de D+ – 3300m de D-
Le deuxième jour commence au bord du lac, avec une descente technique vers La Fouly dans le Valferet Suisse. Nous prenons ensuite la direction du Grand Col Ferret, en gérant la batterie avec prudence, car la journée sera longue : dénivelé positif important et sentiers exigeants.

Le parcours nous offre des panoramas incroyables. Depuis le Grand Col Ferret, la vue est imprenable sur la face nord de la Grande Jorasse et les glaciers alentour. Les sentiers, parfois étroits et caillouteux, demandent de la technique et de la concentration. Nous profitons aussi de passages en forêt, avec les mélèzes jaune orangé qui donnent ces si belles couleurs de l’automne et rendent la descente encore plus agréable.


Arrivé à Courmayeur, on découvre le vieux village et notre hôtel qui est un véritable petit bijou : authentique et chaleureux, parfait pour recharger les batteries avant la dernière journée.








Jour 3 : Retour vers la France
Jour 3 — Courmayeur à Chamonix : 63km – 1806m de D+ – 3400m de D- / fin du parcours + 8km – 500m de D+ – 900m de d-
La dernière journée débute avec quelques ajustements. La route initialement prévue est fermée, nous obligeant à pédaler plus longtemps pour atteindre le Col de la Seigne qui marque notre retour en France. Cet imprévu nous rajoute 6km et 400m de D+. C’est la journée la plus longue qui nous attend alors le mot d’ordre est économisation : il faut pousser sur les jambes.


La montée du Col de la Seigne s’étire longuement. On remonte tout le Val Veny dans l’ombre, et le froid se fait mordant. La végétation est blanchie par le givre, et même le lac de Combal affiche quelques plaques de glace. Petite anecdote, notre photographe et caméraman, Yoann est passé au même endroit une semaine plus tôt, tout était enneigé, c’était une vrai galère. Nous, on a eu de la chance tout avait fondu. Arrivé au col on profite d’une nouvelle face du Mont Blanc : la Sud.


Le timing étant serré pour cette dernière journée, on enchaîne rapidement avec la descente vers les Chapieux, dans le Beaufortain. Peu technique, elle permet de dérouler jusqu’au Cormet de Roselend, puis au sublime lac de Roselend.



Depuis le lac, on se lance dans une descente typique du Beaufortain pour rejoindre Beaufort. Le single est particulièrement étroit avec de nombreux virages serrés. Le sentier est technique avec un enchainement de passages sur des rochers et racines humides couvert de mousse. Du vrai VTT, sublime comme on l’aime. Après une pause bien méritée à Beaufort, on enchaine sur le dernier long shuttle qui nous mène au Col du Joly et nous permet de basculer vers les Contamines et enfin Saint-Gervais, où se termine, pour moi, ce périple.


Le reste de l’équipe est quant à lui retourné à Chamonix en remontant au-dessus de Saint-Gervais pour profiter d’une dernière descente direction les Houches et enfin boucler la boucle.
En bref, Trois jours de VTT, plus de 150 km parcourus, avec plus de 2000 m de dénivelé positif par jour, dans un environnement naturel spectaculaire. Les sensations sont incroyables et l’expérience, unique.






Bilan — Ce que j’en retiens
Ce Tour du Mont-Blanc laissera une trace profonde pour la beauté saisissante des paysages. D’un versant à l’autre, le massif change de visage : glaciers sculptés, vallées suspendues, forêts dorées… un décor qui impose le respect à chaque coup de pédale. Le parcours mêle des sections techniques sur sentier intéressantes et des portions plus roulantes et monotones. Si cela permet de prendre le temps de contempler et d’admirer le cadre grandiose, c’est aussi des passages qui peuvent paraitre longs et demandent de puiser dans ses réserves.

Notre version du tour a aussi bénéficié de nombreux shuttles, une organisation exceptionnelle. Un confort rare, difficile à reproduire en autonomie, mais qui permettait d’optimiser chaque journée pour capter un maximum de contenu et profiter pleinement du terrain. À savoir, sur chaque expédition avec Season, un Van avec remorque à vélo suit le groupe en cas de fatigue ou de mauvais temps.
Mention spéciale aux guides de Season Guiding, irréprochables : attentifs, ultra compétents et surtout capables de naviguer dans ce massif comme s’ils en connaissaient chaque pierre. Leur présence change tout : sécurité, fluidité et plaisir.


Enfin, ce Tour du Mont-Blanc a été l’occasion de découvrir le Specialized Turbo Levo 4 Comp Alloy. C’est un VTTAE qui se veut stable, confortable et prévisible, ce qui fait de lui un parfait allié pour s’amuser sur les sentiers. C’est un compagnon idéal pour les aventures longues distances comme ce tour du Mont-Blanc.

Infos pratiques — Préparer son propre tour
Organiser son propre Tour du Mont-Blanc en VTTAE demande un minimum de préparation. La première étape consiste à travailler soigneusement le tracé : le massif est vaste, les variantes nombreuses, et les conditions peuvent évoluer très vite. L’idéal reste de rouler avec des guides expérimentés, capables d’adapter l’itinéraire en continu selon la météo, le terrain ou la forme du groupe — exactement ce que nous avons vécu avec l’équipe de Season Guiding.

Il faut également compter sur une bonne condition physique. Même en VTTAE, l’enchaînement quotidien d’une cinquantaine de kilomètres et environ 1 500 m de dénivelé positif pendant quatre à cinq jours représente un bel engagement. Une préparation régulière en amont, ainsi qu’un minimum d’aisance en terrain technique et montagnard, permettent d’aborder le tour avec sérénité et plaisir.

Enfin, le vélo doit être irréprochable : révision récente, freins en parfait état, pneus adaptés au terrain alpin et batterie(s) capable(s) d’encaisser de longues étapes si vous décidez de partir en électrique. Pour ceux qui ne disposent pas du matériel adéquat, sachez qu’il est possible de louer des Specialized Turbo Levo 4 chez Zero G en partenariat avec Season, ce qui peut s’avérer pratique si on n’a pas de VTTAE et qu’on se sent trop juste physiquement pour partir en musculaire par exemple.
Conclusion — L’envie d’y retourner
Le Tour du Mont-Blanc est une véritable aventure, ce sont des paysages que l’on devrait découvrir au moins une fois dans sa vie. À pied, à vélo — peu importe la manière — le massif offre une immersion totale dans un décor qui laisse sans voix. Les paysages sont à couper le souffle, du premier au dernier jour, et chaque vallée dévoile une nouvelle facette de ces montagnes mythiques.

Les sentiers offrent un terrain de jeu varié et stimulant. Certes, quelques sections peuvent sembler plus monotones si l’on réalise l’intégralité du tour uniquement à la pédale, mais l’ensemble reste incroyablement plaisant à rouler. Et surtout, le parcours n’est pas exclusivement réservé aux pilotes les plus aguerris : de nombreuses variantes permettent d’adoucir l’engagement, rendant l’itinéraire accessible à un large public, pour peu qu’on vienne avec l’envie d’explorer.

Une chose est sûre : une fois la boucle bouclée, une seule idée vous traverse l’esprit… y retourner.
Et pour ma part, j’aimerais bien en musculaire cette fois ! 😉
Les tracés GPX de notre aventure sont à retrouver ici


























