« Un nouveau standard de qualité et de durabilité » : voilà la promesse affichée par Enve, l’emblématique marque made in USA, avec sa nouvelle gamme de roues VTT M-Series de cinquième génération.
Après quatre ans de collaboration avec certains des meilleurs athlètes mondiaux, plus de 1 000 prototypes développés, des heures de tests, d’échecs et de réussites, Enve a profondément revu sa copie pour proposer des roues en adéquation avec les attentes actuelles du segment haut de gamme carbone.
Enve M6
Roue VTT Trail
Largeur interne 32mm av & 29 arr
29 pouces ou 27.5
Poids vérifié 1618g
Moyeux Innerdrive
Cliquet interchangeable 9°, 6°, 4.5°, 3.6° d’engagement
Prix 2900€
Si vous vous êtes déjà intéressé au marché des roues VTT en carbone, vous avez sans doute entendu parler d’Enve à travers des qualificatifs bien marqués : « rigides », « raides », « bout de bois », mais aussi « fragiles », « exigeantes », « dynamiques » — voire « pas faites pour moi ». Personnellement, je n’ai encore jamais eu l’occasion de roulé sur les précédentes générations, mais ces retours me revenaient régulièrement. Et les ingénieurs d’Enve en avaient parfaitement conscience.
Ils ont donc profité de leur collaboration avec le team Commencal Muc-Off pour repenser en profondeur leur gamme VTT. L’objectif est clair : proposer des roues à la fois plus confortables, fiables et durables, sans renier les performances.
La gamme est uniquement carbon et se présente ainsi :
– M5 pro : le XC sans compromis
– M6 : la roue de tous les jours, sur tous les terrains ( Trail – Down country)
– M8 : Pratique Gravity Enduro DH Emtb
– M9 pro : DH compétition

Quel que soit le modèle, Enve annonce une amélioration du confort de l’ordre de 70 %, associée à une augmentation de la résistance d’environ 20 %.
Pour y parvenir, le profil des jantes a été entièrement revu. On observe notamment une diminution de leur hauteur d’environ 8 mm, pour atteindre désormais autour de 20 à 21 mm sur l’ensemble de la gamme.
Le choix du rayonnage varie également selon les modèles : du Straight Pull sur les M5 et M6, contre un montage J-bend plus classique sur les M8 et M9 Pro. À noter qu’un rayonnage Straight Pull tend à offrir davantage de rigidité verticale, mais moins de maintien latéral, contrairement au J-bend dont le coude apporte justement plus de soutien sur cet axe. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la rigidité verticale des M5 et M6, annoncée par Enve, reste supérieure à celle des M8 et M9 Pro, tout en étant inférieure aux modèles équivalents de l’ancienne génération.

Autre évolution majeure : le retour des têtes de rayons en externe. Sur les versions précédentes, elles étaient intégrées dans le profil de la jante, ce qui imposait de démonter le pneu ainsi que le fond de jante pour ajuster la tension. Un vrai plus en termes de fiabilité et de facilité d’entretien, qui témoigne de l’écoute des équipes chez d’Enve.
Toujours dans l’optique d’optimiser le confort, Enve a différencié les roues avant et arrière. À l’avant, on retrouve un cercle plus large — 32 mm sur nos M6 — contre 29 mm à l’arrière. Le lay-up carbone est également spécifique à chaque roue, tout comme le rayonnage : sur les gammes M8 et M9, la roue arrière bénéficie d’un nombre de rayons supérieur (32 contre 28). Des concepts déjà éprouvés chez la concurrence et qui vont dans le sens d’un meilleur équilibre entre confort, précision et solidité.

Côté durabilité, les jantes adoptent une gorge plus épaisse qu’auparavant afin de limiter les risques de casse et de pincement, avec un renfort encore plus marqué à l’arrière. On note également l’apparition d’un profil de jante concave, moins exposé aux impacts directs.
En résumé, un vrai travail de fond qui inspire confiance avec cette paire de M6.
ENVE M6 Quelques chiffres :
Pour notre test, nous avons reçu une paire en 29 pouces à l’avant comme à l’arrière :
- Roue avant : 32 mm interne / 28 rayons / Straight Pull
- Roue arrière : 29 mm interne / 28 rayons / Straight Pull
- Poids total vérifié : 1618 g
- Disques : centerlock
Ces roues sont montées sur le nouveau moyeu InnerDrive développé par Enve. À l’arrière, ce système reprend le principe du ratchet popularisé par DT Swiss, mais dans un format plus volumineux afin d’améliorer la durabilité. Sa particularité réside dans la possibilité de faire varier le nombre de points d’engagement : 40, 60, 80 ou 100. Nous avons d’ailleurs pu tester ces différentes configurations — on y revient juste après.

Dernier point concernant les moyeux : les M6 sont uniquement compatibles avec des disques au standard CenterLock. Un choix assumé par Enve, qui ne propose qu’un seul type de montage. Cela dit, l’utilisation d’un adaptateur CenterLock vers 6 trous permet de conserver ses disques actuels sans difficulté. C’est la solution que nous avons retenue, et elle fonctionne parfaitement.

Sur le papier, cette paire se veut polyvalente. Elle est annoncée comme idéale pour une pratique trail à VTTAE light assist. Un programme assez large, surtout quand on sait à quel point la frontière entre trail et enduro peut être fine. Pour des pilotes légers comme moi, cela semble parfaitement cohérent.
En revanche, pour des gabarits plus imposants — autour de 90 kg — avec une pratique trail engagée, la question se pose. Un montage en M8, plus robuste mais plus lourd (environ 400 g supplémentaires), ne serait-il pas un choix plus judicieux ?
Test Terrain:
En montée
Dans un premier temps, j’ai roulé les M6 sur mon enduro musculaire. Dès les premières montées, on ressent immédiatement leur dynamisme. Leur légèreté fait clairement la différence dans les sections raides : moins de poids, c’est aussi moins d’inertie. On n’a jamais cette sensation de traîner un poids mort, ce qui rend le pédalage plus vif et plus agréable.

On évoquait également la possibilité de faire varier l’engagement du moyeu entre 40, 60, 80 ou 100 points. Une fois lancé, la différence est peu perceptible. En revanche, dans les portions plus trialisantes et techniques, j’ai particulièrement apprécié le réglage en 100 points pour sa réactivité et sa précision.
Lors des relances sur le plat, ce dynamisme s’exprime pleinement. C’est très subjectif, mais j’apprécie particulièrement la résonance — presque une vibration — de la roue arrière lorsqu’on appuie fort sur les premières relances en danseuse. Ce son, typique des roues à rayons plats fortement tendus, renforce cette sensation d’accélération instantanée, presque grisante.

Pour autant, la roue ne se montre pas excessivement rigide, ni verticalement ni latéralement. Elle offre juste ce qu’il faut de déformation pour conserver du grip. Et c’est un point clé : plus d’adhérence, c’est un meilleur transfert de puissance au sol, donc une motricité et une capacité d’accélération très efficaces.
Pour le moment, c’est un sans-faute pour les Enve M6 : légères, dynamiques et confortables.
En descente
C’est en descente qu’il faut nuancer un peu le tableau.
Pour une pratique trail classique, les qualités des M6 sautent aux yeux. Confortables et dynamiques, elles offrent un excellent grip en virage : la lecture du terrain est précise et la roue restitue du pop en sortie de courbe. Ce même niveau d’adhérence se retrouve au freinage, avec un comportement sain et rassurant.
Dans le cassant, la roue travaille intelligemment et apporte un vrai gain en confort. Côté résistance, rien à signaler durant toute la période de test : le profil concave limite efficacement les impacts sur les flancs, et malgré plusieurs sorties dans des pierriers exigeants, aucune casse n’est à déplorer. Pour une utilisation trail, ces Enve M6 s’imposent clairement comme une excellente option.

En revanche, dès que l’on hausse le rythme et que l’on entre dans une pratique plus engagée, on atteint les limites de leur programme. En usage enduro ou VTTAE light, on perçoit davantage de flex dans les appuis. Une sensation de « ressort » apparaît : la roue arrière se déforme en compression, devenant presque souple, puis restitue l’énergie en sortie avec un effet de relance. Ce comportement n’est ni brutal ni incontrôlable, mais il reste caractéristique de ces roues.

Cela m’amène à penser que pour des pilotes de 80 kg et plus, ou pour une pratique plus engagée, il sera plus judicieux de s’orienter vers les M8, malgré une pénalité d’environ 400 g sur la balance.
Il n’en reste pas moins qu’après plusieurs mois d’utilisation, le bilan est très solide : aucune casse, une tension de rayons toujours homogène et des roues parfaitement droites. À chacun donc de placer le curseur en fonction de son terrain et de son style de pilotage.
Typiquement, pour une pratique en région parisienne — que je connais bien pour avoir roulé plusieurs années sur les spots franciliens — cette paire de M6 est idéale. Elle apporte du dynamisme et de la vie au vélo, sans être mise en défaut. Leur fiabilité sur le long terme ne fait, selon moi, aucun doute dans ce contexte.

En revanche, pour une pratique plus exigeante comme la mienne aujourd’hui, entre les pierriers ardéchois et les terrains alpins autour de Grenoble, je me retrouve régulièrement au-delà de leur zone d’utilisation. Même si le bilan reste très positif, je ne recommanderais pas les M6 à la place des M8 dans ces conditions. Ces dernières perdront sans doute un peu en rendement au pédalage, mais gagneront en stabilité dans les appuis et surtout en robustesse — un point crucial pour une paire de roues à près de 3 000 €.
Dernier point concernant le système InnerDrive et ses quatre options d’engagement, 40, 60, 80 ou 100 dents soit 9° d’engagement, 6°, 4.5° ou 3.6°. Je vais être honnête : la différence reste peu significative.
Il y a actuellement un vrai effet de mode autour du kickback. Sans vouloir être à contre-courant à tout prix, les gains, s’ils existent, restent trop marginaux pour en faire un argument déterminant.

Je peux entendre que, sur certains vélos et dans des terrains très cassants, une réduction du kickback puisse contribuer à stabiliser l’arrière. Mais dans ce cas, si l’objectif est réellement d’apaiser le comportement du vélo, il est souvent bien plus efficace d’agir sur des éléments comme le réglage du rebond ou même de passer sur un amortisseur à ressort (coil). Les effets seront nettement plus perceptibles.
Tout simplement parce que le kickback se manifeste principalement lorsque la roue arrière est bloquée. Or, en situation de pilotage, on évite justement de bloquer la roue dans les sections chaotiques : on préfère doser le freinage, « lécher » le levier, puis freiner plus franchement une fois l’obstacle passé.
Enve a le mérite de proposer cette option, et c’est un vrai plus en termes de personnalisation. Mais il ne faut pas s’attendre à une transformation radicale du comportement du vélo.
Conclusion:


Une page se tourne pour la marque américaine. Après des années à entendre tout et son contraire au sujet des roues Enve, j’ai été très agréablement surpris par la qualité de cette paire de M6.
Comme annoncé, il s’agit de roues « du quotidien », capables d’apporter à la fois du confort et du dynamisme au pilotage. Elles insufflent de la vie au vélo sans jamais le rendre exigeant.
Gardez toutefois à l’esprit que, malgré des performances qui dépassent parfois leur catégorie, ces roues restent avant tout pensées pour une pratique trail — un domaine dans lequel elles excellent pleinement.


























