Avec son moteur Avinox ultra-puissant, ses 170 mm de débattement à l’avant, ses 165 mm à l’arrière et une cinématique directement inspirée du Summum de descente, le Mondraker ZENdIT ne passe clairement pas inaperçu. Sur le papier, tout semble démesuré. Mais qu’en est-il réellement sur le terrain ?

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Nous avons roulé avec le Mondraker ZENdIT RRS pendant plus d’un mois, sur différents terrains et dans différentes conditions. Un vélo qui impressionne par son gabarit et ses chiffres, mais qui nous a surtout surpris par son confort, son grip et sa facilité à rouler vite.

Mondraker Zendit RR S

VTTAE Enduro
Débattement : 165mm & 170mm (AR / AV)
Poids 23,5kg en taille M
Prix
10 499€
Testé par Max & Mattis

Un gros vélo… mais pas forcément un vélo difficile à prendre en main

Dès les premiers tours de roue, le ZENdIT surprend par son confort. Malgré son débattement généreux et son empattement de 1260 mm en taille M, le vélo donne rapidement une sensation de facilité.

La suspension arrière et la cinématique offrent un comportement très souple et particulièrement confortable. Le vélo semble littéralement flotter sur le terrain. Une sensation renforcée par le travail de la suspension arrière, qui conserve beaucoup de grip et gomme efficacement les irrégularités.

La fourche Fox Podium demande en revanche un peu plus de temps pour être correctement réglée. Son fonctionnement très sensible en début de course donne l’impression de consommer beaucoup de débattement, sans qu’il soit forcément évident de visualiser précisément ce qui se passe pendant les réglages.

Le guide de réglage proposé par Mondraker constitue néanmoins une bonne base pour commencer, avec des recommandations de pression et de réglages adaptées au poids du pilote.

Un moteur Avinox qui sait aussi se montrer progressif

Le ZENdIT RRS est équipé du moteur Avinox M2S, capable de développer jusqu’à 130 Nm de couple et 1300 W de puissance, avec un mode Super Boost pouvant atteindre 150 Nm pendant une durée limitée.

Sur le terrain, cette puissance est évidemment très présente. Mais contrairement à ce que pourraient laisser penser les chiffres, le moteur reste relativement facile à apprivoiser.

En mode Auto notamment, l’assistance se montre très progressive. Il est donc possible de rouler tranquillement sans avoir l’impression que le moteur cherche constamment à vous arracher les jambes. En revanche, lorsqu’on sollicite franchement les pédales, le ZENdIT répond immédiatement.

Il faut donc garder en tête qu’avec un moteur aussi puissant, une sollicitation trop brutale peut rapidement surprendre.

Une application Avinox particulièrement complète

L’écosystème Avinox permet de modifier très précisément le comportement du moteur depuis l’application.

Les différents modes d’assistance peuvent être personnalisés, tout comme la plage de fonctionnement du mode Auto. Il est également possible de régler la durée de l’assistance après l’arrêt du pédalage.

L’interface basée sur des courbes permet de visualiser les différents réglages et de comparer facilement les modes entre eux. Une solution particulièrement intéressante pour les pilotes qui aiment personnaliser finement leur assistance.

L’écran intégré reprend cette philosophie avec une interface tactile intuitive. Son principal défaut reste sa taille : les informations sont parfois difficiles à lire rapidement en roulant, notamment les petits pictogrammes.

En revanche, le fait de pouvoir modifier les réglages directement depuis l’écran, sans passer par le téléphone, est un vrai plus.

Une autonomie cohérente avec les 800 Wh

Avec sa batterie de 800 Wh, le ZENdIT offre une autonomie dans la bonne moyenne de ce que l’on peut attendre d’un VTTAE moderne équipé d’une telle capacité.

Sur notre utilisation, environ 2000 m de dénivelé positif ont pu être réalisés sur une charge avec un pilotage relativement soutenu.

L’application permet évidemment de calmer les différents modes d’assistance afin de réduire la consommation si nécessaire.

Un point à noter : la batterie est non démontable. Cela permet notamment d’obtenir un cadre particulièrement bien intégré, mais rend la recharge moins pratique dans certaines situations.

La trappe de recharge est facile à utiliser et semble bien protégée. En revanche, son positionnement sous l’amortisseur n’est pas idéal lorsque les conditions deviennent très humides ou boueuses : elle se retrouve rapidement exposée aux projections et à l’accumulation de saleté.

Un châssis qui donne énormément de grip

C’est probablement l’une des grandes qualités du ZENdIT.

Avec son empattement généreux, ses bases de 450 mm en taille M et sa cinématique inspirée du Summum, le vélo offre une stabilité impressionnante.

À la montée, cela se traduit par une motricité particulièrement efficace. Sur les montées raides et relativement droites, le ZENdIT est capable de grimper presque partout en conservant énormément de grip.

Ce n’est pas nécessairement le vélo le plus agile lorsqu’il faut enchaîner les épingles très serrées, mais son moteur compense en partie ce comportement en permettant de franchir les obstacles avec beaucoup de facilité.

Et surtout, le châssis ne semble jamais dépassé par les capacités du moteur. Même lorsque l’Avinox délivre toute sa puissance, le vélo reste stable et parfaitement maîtrisable.

En descente : son véritable terrain de jeu

C’est évidemment en descente que le ZENdIT prend toute sa dimension.

Avec 170 mm de débattement à l’avant, 165 mm à l’arrière et une cinématique directement inspirée du vélo de DH de la marque, le vélo est clairement conçu pour envoyer.

Le premier mot qui revient après plusieurs sorties est stabilité.

Le ZENdIT est extrêmement posé et donne rapidement confiance. Même à haute vitesse sur des terrains défoncés, le vélo reste prévisible et ne donne pas l’impression de vouloir vous surprendre.

C’est un comportement particulièrement intéressant pour les pilotes qui aiment rouler vite, car le vélo permet de lâcher les freins sans avoir constamment à se demander ce qu’il va se passer.

Un vélo qui pardonne

Le confort et la sensibilité de la suspension participent énormément à cette sensation de sécurité.

Le ZENdIT absorbe les chocs, conserve du grip et reste actif au freinage. La suspension ne se fige pas lorsque l’on attrape les freins, ce qui permet de conserver une bonne maîtrise du vélo dans les portions techniques.

Le résultat est un vélo très neutre et rassurant.

Même dans les passages rapides et cassants, le ZENdIT donne envie d’accélérer.

Étonnamment dynamique pour un vélo de ce gabarit

Avec de telles dimensions, on pourrait s’attendre à un vélo difficile à faire tourner dès que le terrain devient sinueux.

Et pourtant, le ZENdIT s’en sort plutôt bien.

La suspension reste dynamique et permet de faire vivre le vélo malgré son empattement. Dans les singles rapides, le comportement est même étonnamment proche de celui d’un vélo plus compact.

La limite apparaît surtout lorsque le rythme baisse.

Dans les portions très lentes et très techniques, son gabarit devient davantage perceptible. Il faut davantage travailler avec son corps pour déplacer le vélo et modifier rapidement sa trajectoire.

Le ZENdIT n’est donc pas le vélo le plus évident pour enchaîner les petits singles très serrés ou les passages trialisants à basse vitesse.

23,77 kg : plutôt léger compte tenu du gabarit

Le ZENdIT RRS testé affichait 23,77 kg avec les pédales. En retirant environ 400 g pour les pédales, on reste donc autour de 23,4 kg.

Un poids plutôt contenu au regard du gabarit du vélo et de son équipement.

À noter toutefois que la répartition des masses donne une sensation de vélo volumineux lorsqu’il faut le manipuler à l’arrêt. Le poids est notamment assez présent sur l’avant, ce qui se ressent lorsqu’on doit porter ou déplacer le vélo.

Une finition à la hauteur du positionnement

Visuellement, le ZENdIT est particulièrement réussi dans cette finition.

La peinture et le vernis laissent apparaître le carbone et donnent au vélo un aspect très haut de gamme. L’intégration du moteur Avinox permet également de conserver une partie supérieure du cadre relativement fine.

Mondraker a par ailleurs été généreux sur les protections : protection de bases, protection du tube diagonal et différents éléments destinés à préserver le cadre.

Quelques détails mériteraient néanmoins d’être améliorés.

Les vis du petit garde-boue arrière ont tendance à se desserrer et il est conseillé de les sécuriser. Certaines zones du cadre peuvent également rapidement marquer, notamment autour du porte-bidon et au niveau des bases.

Autre point de vigilance : le plateau dépasse légèrement du bloc moteur. En l’absence de protection type bashguard, il peut donc être davantage exposé aux chocs sur les passages très techniques.

Pour quel pilote ?

C’est probablement la question la plus intéressante concernant ce ZENdIT.

Ce vélo n’est pas nécessairement réservé aux compétiteurs ou aux pilotes très expérimentés.

Grâce à son confort et à sa stabilité, il peut également être particulièrement intéressant pour les pratiquants qui roulent sur des pistes et des chemins larges, même lorsqu’ils sont défoncés.

En revanche, pour un débutant qui souhaite principalement rouler sur des singles très sinueux et techniques, ce n’est probablement pas le choix le plus évident. Son gabarit demande davantage d’engagement physique et de travail du corps lorsque la vitesse diminue.

À l’inverse, pour un pilote qui aime rouler vite, franchir du terrain cassant et avoir un vélo extrêmement stable et rassurant, le ZENdIT prend tout son sens.

Notre verdict

Le Mondraker ZENdIT est un vélo qui pourrait facilement être résumé à ses chiffres impressionnants : 170 mm de débattement, 165 mm derrière, 130 Nm, 1300 W, un énorme empattement et une cinématique issue de la DH.

Mais après plus d’un mois à son guidon, ce n’est finalement pas cette débauche de chiffres qui nous a le plus marqués.

C’est avant tout le châssis.

Le confort, le grip, la stabilité et la capacité du vélo à rester sain lorsque le rythme augmente en font une machine particulièrement réussie. Le moteur Avinox vient ensuite compléter l’ensemble avec une puissance impressionnante, mais surtout une progressivité qui rend cette puissance relativement facile à exploiter.

Le ZENdIT reste évidemment un gros vélo. Il n’est pas le plus agile dans les portions très lentes et sinueuses et sa batterie non démontable peut également être un frein pour certains utilisateurs.

Mais dès que le terrain s’ouvre et que l’on commence à accélérer, il prend une toute autre dimension.

Un VTTAE de l’excès ? Peut-être sur le papier. Mais sur le terrain, c’est surtout un vélo incroyablement efficace et rassurant lorsqu’il s’agit d’aller vite.

Et finalement, c’est probablement là que se trouve toute la réussite du ZENdIT.

Côté moteur, on retrouve le Avinox M2S qui offre des performances affolantes avec pas moins de 1300W de puissance et 150 Nm de couple maximal (en mode Boost) alimenté par une batterie non démontable de 800Wh Nous avons eu à l’essai le modèle RR S affiché au tarif de 10 499€ équipé par des suspensions premiums de chez Fox, une transmission SRAM XO T-type sans fil connectée directement au moteur, des freins SRAM Maven et des roues DT Swiss HX1700 en aluminium.

Maxime Martin
Originaire des Alpes, j'ai un amour fervent pour le bucheronnage, j'apprécie tester le matos dans toutes les conditions, même les plus extrêmes !