En 1958, l’ingénieur Ed Scott invente le premier bâton de ski en aluminium. D’abord centré sur les accessoires de sport d’hiver, c’est en 1986 que Scott sort son premier vélo tout terrain et en 1991 sa première fourche suspendue. Depuis la marque n’a cessé d’innover à l’image du nouveau Scott Spark et son concept poussé de l’intégration. Nous nous sommes intéressé à la version Trail du VTT qui truste les plus hautes marches des podiums XCO. Le Scott Spark 940 garde-t-il des gênes typés XC ou est-il une version dévergondée ? Découvrons ça ensemble…

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SCOTT Spark 940 – On fait connaissance

Scott Spark 940

SCOTT SPARK 940 | 130 mm/ 120 mm
poids 13Kg93 | prix 3799€
Site Web
SCOTT

L’appellation Spark chez Scott résonne dans les esprits comme une référence incontournable du XC. C’est d’ailleurs la réflexion que nous nous sommes faite lorsque la marque nous a proposé ce Spark 940 à l’essai. Il y a bien un modèle pur XC dans la gamme : le Spark RC. Le Spark quant à lui est rangé dans la classe des Trail bikes et quand on regarde sa fiche technique, on comprend vite pourquoi puisque le Scott Spark affiche 120mm de débattement arrière et est monté avec des fourches en 130 mm, le tout posé sur une paire de roues en 29 pouces. La gamme est très vaste avec 16 modèles différents allant de 2599€ à 13499€ et est disponible en cadre aluminium, carbone/alu et full carbone.

L’équipement

Nous avons testé le Scott Spark 940, la version entrée de gamme en carbone/alu qui dispose d’un rapport prix/équipement très cohérent. Au menu de ce Trail, on trouve une fourche Rockshox Pike RL3 qui fonctionne de concert avec l’amortisseur Deluxe, le tout pilotable sur 3 positions via la manette au guidon Twin-Lock. La transmission Sram NX Eagle, certes un peu lourde, fonctionne très bien et les pneus Schwalbe Wicked Will en carcasse Super Ground ont été une excellente surprise. Tous les périphériques sont siglés Syncros, la marque de Scott. Pour stopper la machine, les Shimano MT501 offrent une bonne ergonomie.

  • Fourche-RockShox Pike Select RL3 Air 130 mm
  • Amortisseur-RockShox Deluxe Select RL3 Trunnion T165X45mm
  • Transmission -SRAM NX Eagle 12 Speed-
  • Pédalier SRAM X1 Eagle DUB
  • Roues Syncros X-30SE / 32H / 30mm Tubeless ready
  • Pneus-Schwalbe Wicked Will 29×2.4″ EVO Super Ground / TLE / 67EPI / Addix Speed Grip
  • Freins – Shimano MT501 Disc disques 180 mm
  • Tige de selle – Syncros Duncan Dropper Post 2.5 31.6mm 125mm
  • Selle – Syncros Tofino 2.5 Regular
  • Poste de pilotage Syncros Fraser 2.0 DC Alloy 6061 D.B. mini Rise / back sweep 8° / 760mm
  • Potence-Syncros DC 2.0 Syncros Cable Integration System 0° rise / 6061 Alloy / 31.8mm / 1 1/8″

Les chiffres

Pour être transparent, le tableau de géométrie est la première chose que j’ai regardé pour savoir si ce Spark avait des specs proches d’un VTT de XC. Un rapide coup d’œil aux différentes valeurs a rapidement confirmé la filiation Trail de ce Scott Spark. Si le Reach et la longueur reste contenus, respectivement 440 mm et 1174 mm, l’angle de direction s’ouvre comme sur un All-Mountain à 65,8° et chose assez rare, le tube de selle se redresse proportionnellement à la taille (entre 75,7° et 76,4°). Les bases sont relativement courtes et affichent 437,5mm. Globalement on retrouve donc un vélo assez ouvert tout en restant bien compacte pour favoriser la maniabilité.

Look et Finition

Look

Le SPARK 940 ne passe pas inaperçu même si son look est sobre surtout dans cette version Stealth, les lignes du cadre sont épurées et l’intégration de l’amortisseur dans le cadre donne presque l’impression de voir un semi rigide. C’est original et très réussi ! Le vernis de notre modèle d’essai laisse apparaître le tressage de la fibre de carbone, un petit raffinement qui ajoute encore un peu de points aux critère esthétique de ce Scott Spark 940. La partie qui me plait moins est la douille de direction qui fait plus massive et grossière avec un passage de gaines dans le JDD qui mériterait selon moi d’être retravaillé. Hormis ce détail, on peux dire que côté look, le Scott Spark est une vraie réussite !!

Finition

L’intégration de l’amortisseur apporte un côté premium au Scott Spark, c’est d’ailleurs superbement réalisé avec une finition de cadre qui ne porte à aucune critique. Le vernis et la peinture du triangle arrière en aluminium sont bien réalisés mais nous avons constaté une certaine fragilité face aux rayures et il ne faudra pas hésiter à protéger le Spark pour ne pas qu’il vieillisse prématurément. J’ai trouvé la partie avant du vélo moins valorisante avec un système de couvre potence en plastique dur pas très bien ajusté et l’entrée des câbles pas très esthétique qui dénote clairement avec le cadre à l’aspect premium du Spark. Même constat pour la potence et le cintre qui offrent un revêtement granuleux sensible aux marques et qui mériteraient un traitement plus haut de gamme. En revanche, le passage de gaines se fait totalement en interne et le vélo s’est montré silencieux à l’usage.

Niveau protection, la trappe d’accès à l’amortisseur protège également le down-tube des impactes et une protection texturée assez longue est appliquée sur le triangle arrière pour protéger la base droite.

SCOTT Spark 940 – Place à l’action

Position

La première impression que j’ai eu en me posant sur ce Spark, est d’être au guidon d’un vélo de cross country. Malgré un angle de fourche assez généreux, on se sent assez bas de l’avant. Combiné à cintre assez étroit avec 760mm (j’ai l’habitude de rouler en 780) et assez plat, j’ai trouvé la position un peu trop « tête dans le guidon ». Mais c’est comme toute chose, après un temps d’adaptation, je m’y suis accommodé.

La taille M m’est bien adaptée, je fais 1,72m et je me suis senti tout de suite à l’aise. Le cadre est suffisamment long pour que je puisse bouger facilement et le tube de selle permet d’utiliser une tige avec un débattement assez généreux.

Ergonomie

Côté pratique sur ce nouveau Spark, les concepteurs de chez Scott ont redoublé d’ingéniosité. Avec l’intégration de l’amortisseur dans le cadre on récupère énormément de place dans le triangle avant. Il y assez d’espace pour deux bidons, et en même temps l’amortisseur est complètement à l’abri des projections de boue et cailloux. Quant a l’accès, il reste assez facile pour les réglages accessibles en ouvrant la trappe sans avoir nécessairement besoin d’outil. On note aussi la présence d’un indicateur de SAG externe au niveau du roulement haut pour faciliter le réglage.

L’indicateur de SAG s’est montré judicieux pour faciliter le réglage de la suspension arrière

L’accès aux réglages de l’amortisseur se fait assez aisément par la trappe assez large sous le down-tube

Scott a aussi beaucoup travaillé sa commande twin-loc pour améliorer l’ergonomie. Finit la double gâchette sur le haut du cintre. Désormais on retrouve un bloc à trois commandes pour contrôler la position des suspensions et la tige de selle téléscopique. Le levier du milieu possède deux crans pour passer en mode pédalage ou blocage. Celui du haut permet d’aller en chemin inverse pour revenir en position débloquée. Enfin le levier du bas est une commande de tige de selle classique.
En pratique, le système fonctionne plutôt bien mais n’est pas sans défaut. Mon principal reproche est de parfois attraper le mauvais levier dans le feu de l’action. Bloquer son amortisseur alors qu’on essaie de descendre sa tige de selle n’est jamais une bonne surprise. Il faut de la pratique pour bien apprivoiser la manette.

Dans le D+

Dès les premiers coups de pédales, on sent les origines de ce vélo. Le Spark RC lui a bien légué son efficacité au pédalage et une très bonne accroche au sol. Il est aussi facile à prendre en main et très agile dans les parties les plus techniques. Dans le D+ cette maniabilité et ce dynamisme sont un atout pour atteindre le sommet. C’est seulement quand la pente est très raide qu’il a tendance à cabrer et il faut bien adapter sa position pour plaquer la roue avant au sol.

On sent aussi au guidon que le Spark 940 a un potentiel qui peut encore être amélioré puisque les trains roulants sont plutôt entrée de gamme et pas des plus légers. J’imagine qu’avec une paire de roues haut de gamme et un allègement de la machine, le bilan déjà bon du Spark 940, pourrait être transcendé !! Ce Spark est dans l’ensemble un bon grimpeur et c’est sans l’ombre d’un doute que je peux affirmer qu’il est fait pour avaler du D+.

Dans le D-

Quand j’ai pris en main le Spark, j’ai d’abord voulu privilégier le terrain pour lequel il me semblait être le plus à l’aise. Je me suis donc concentré sur des boucles plus roulantes pensant avoir affaire à un vélo trop sage. Et puis l’appel de la pente est devenu tentant… Je me suis donc aventuré dans du vrai D-, et là !!! Grosse surprise, ce petit vélo a un sacré caractère ! J’ai pris des petites pistes à profil enduro, sur les épingles, dans le raide, il est super maniable et enchaine virages, sauts et autres obstacles sans broncher. Certes, par moment on se fait secouer. On se rappelle alors que c’est un Trail de 120mm/130mm.

Confort

Compte tenu du petit débattement par rapport aux vélos testés d’habitude, je l’ai trouvé assez confort même dans les singles accidentés. La suspension fonctionne bien. Évidemment il faut un peu plus compromettre entre confort sur les petits chocs et absorption des plus gros (ceux qui sortent un peu du programme annoncé). Mais un réglage soigneux de l’amortisseur permet d’obtenir un bon résultat et la fin de course est plutôt très bien gérée puisque sur certaines réceptions un peu velues, je n’ai jamais eu la sensation de venir m’écraser dans le fond mais plutôt d’être sur un petit cousin ferme.

Freinage

Coté freinage on pourrait s’attendre à pire avec les freins d’entrée de gamme de chez SHIMANO. Mais le toucher du levier rappelle un peu celui des XT et à défaut d’être puissants, les freins Shimano offrent ce qu’il faut de mordant. Vu le programme Trail du vélo, les disques en 180mm sont largement dimensionnés. Les pneus font aussi un très bon job de transmission du freinage au sol. Et du côté des suspensions, aucune mauvaise surprise. Le vélo conserve un bon grip et ne vient pas dribbler. Le bilan freinage est donc assez bon.

Grip

Question grip, quand j’ai vu les pneus montés d’origine je me suis dit que j’allais bien ramasser en cette période hivernale où le terrain est en permanence humide et gras. Et là encore une bonne surprise, les Schwalbe Wicked Will font très bien leur travail sans trop bourrer malgré des crampons bien rapprochés. Avec un bon réglage des suspensions le vélo reste suffisamment plaqué au sol pour bien le coucher et facilement l’inscrire en courbe.

Maniabilité / Dynamisme

Dans les parties techniques et bien serrées, il est particulièrement maniable et je me suis bien amusé dans les singles les plus tortueux. Lorsqu’on appuie sur les pédales en sortie de virage il reste très vif et ne perd pas d’énergie. On retrouve ce trait de caractère quand il s’agit de tirer un bunny ou de faire un changement de trajectoire brusque. Le poids de presque 14kg ne se sent absolument pas et ce Spark 940 donne une impression de légèreté.

Stabilité / Franchissement

C’est quand la pente se fait raide et que la vitesse n’est plus tout à fait raisonnable que ce vélo trouve ses limites. Le vélo se balade un peu et on se sent moins en sécurité. Mais n’oublions pas que ça reste un vélo de trail, les pistes raides ou cassantes attaquées pleine balle ne font pas ou peu partie de son programme.

Fun / Accessibilité

Je me suis beaucoup amusé au guidon de ce petit SPARK que j’ai affectueusement baptisé « la petite fouine ». Entre sa maniabilité, sa vivacité et son poids assez bas, ce Scott est vraiment fun à rouler. Il est aussi particulièrement facile à prendre à main ce qui en fait un vélo vraiment accessible à tous !

SCOTT Spark 940 – c’est l’heure du bilan

Tableau notation Scott Spark

Ce Spark peut aussi bien vous permettre d’aller faire de très longues balades bien vallonnées sans trop vous taxer physiquement, que des boucles courtes attaquées à un gros rythme. Ce n’est certainement pas un enduro comme on en teste habituellement mais il n’a pas démérité et a souvent prouvé qu’il pouvait boxer avec des poids plus lourds.
Même si il profite bien de l’efficacité de son petit frère, ce spad est un vrai vélo de trail, particulièrement réussi.


Top

+ Finition du cadre
+ Look/originalité
+ Bon grimpeur
+ Surprenantes capacités en descente
+ Facile à piloter
+ Rapport Pirx/prestation


Flop

– Finition du poste de pilotage
– Stabilité


Votre test en vidéo

Gonçalo De Sousa
J'aime souder au guidon des VTTAE!! Et oui, je roule habituellement en e-bike... Vous pourrez compter sur moi pour décortiquer les machines électriques !