Ces dernières saisons, SRAM n’était pas forcément en tête lorsqu’on parlait freins. Mais avec l’arrivée de la gamme « Maven » et la simplification de la ligne DB, la marque américaine se repositionne sur le secteur gravity. Nous avons roulé, purgé, poussé ces deux modèles — DB8 et Maven Base — sur plus de six mois sur nos sentiers alpins. Voici notre verdict.

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Frein Enduro 4 pistons
Diamètre piston 18 mm
Huile minéral
Poids 317g
Prix : 200€
Compatibilité disque de 160–200 mm

Montage, réglages et entretien

Le montage des Maven se révèle plutôt simple : le système de purge Bleeding Edge est bien pensé et fonctionne parfaitement. C’est rapide, propre et évite les bulles d’air. D’ailleurs, si vous venez d’investir dans des Maven ou que votre nouveau vélo en est équipé, il est fortement conseillé de faire une purge avant de rouler. Sur l’ensemble des Maven que nous avons testés cette année, presque à chaque fois, il y avait une bulle d’air qui créait un trou au premier tirage.
Côté réglage, le Maven Base reprend exactement les mêmes options que le Maven Bronze, avec seulement une petite molette pour ajuster la garde.

Sram Maven Bronze

Le montage des DB8 est un peu plus capricieux. Le système de purge reste classique, avec deux vis de purge et sans technologie particulière. Réaliser une purge propre est donc un peu plus laborieux : j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises. Mais si vous suivez correctement le tuto, vous devriez vous en sortir.
Côté réglage, le DB8 n’est pas très pratique : la garde se modifie via une petite vis située entre le levier et la poignée, ce qui peut vite devenir galère sur le terrain avec un multi-outil.

Sram DB8

Points à souligner :

  • Les plaquettes sont disponibles en organique ou métallique (à vous de choisir selon usage).
  • Les leviers des Base/DB8 sont compatibles MatchMaker (regroupement commande shifter ou TDS + frein).
  • Entretien : une purge annuelle est fortement conseillée, surtout si vous cherchez un feeling constant et sans « course molle ».
Freins Sram

Sur le terrain : ressenti, puissance & usage

J’ai eu l’occasion cet été, de mettre à l’épreuve ces deux modèles de freins signés SRAM : les Base et les DB8. J’ai pu les rouler tous deux un mois complet en station, montés successivement sur un Santa Cruz Bronson. Entre longues journées à la pédale, descentes à répétition sur le domaine et quelques sessions enduro pour varier les plaisirs, les deux paires ont eu droit à un traitement sans ménagement. Ces tests m’ont permis de me faire une idée claire sur leur comportement, leur constance et leur capacité à encaisser la chaleur et la charge d’un usage intensif — le tout dans les conditions exigeantes de la montagne estivale.

Sram DB8 action

DB8

Sur des pratiques peu engagées, comme les trails musculaires ou les descentes enduro courtes, le DB8 fait parfaitement le job. Si le poids est un critère important dans ta pratique, ces freins ont clairement leur intérêt. Le contact est franc, le levier linéaire, et ça fonctionne : La preuve, je les ai utilisés un mois entier dans la pente sans rien casser.
En revanche, sur de vraies descentes gravity ou avec un VTTAE lourd, le DB8 montre ses limites. On note : chauffe, perte de puissance, une marge réduite et un feeling moins précis. J’ai roulé ces freins avec des disques HS2 de 180 mm et des Centerline de 200 mm, sans percevoir de différence notable. Peut-être que des HS2 de 200 mm auraient été légèrement plus performants et mieux adaptés à ma pratique.

Sram DB8

Maven Base

C’est là que ça devient sérieux.
Le Maven Base se distingue par un levier linéaire facile à doser, idéal pour un pilote enduriste léger ou pour ceux qui privilégient le contrôle avant tout. Ses pistons légèrement plus petits que ceux des versions supérieures, combinés à un tirage direct, en font un frein plus calme et maîtrisable.
Avec ces Maven Base, on bénéficie d’un excellent feeling, que je trouve même supérieur aux Maven Bronze, Silver et Ultimate. On sait exactement où l’on en est dans son freinage, là où un tirage plus progressif peut parfois sembler flou. En revanche, il est un peu plus difficile de moduler les freinages à faible puissance.

Système SwingLink
Système SwingLink présent sur les Maven Bronze, Silver et Ultimate
Système SwingLink
Système SwingLink présent sur les Maven Bronze, Silver et Ultimate
Système DirectLink
Système DirectLink présent sur les DB8 et Maven Base

Un point important à souligner : il est essentiel de bien choisir ses disques avec les Maven. La puissance de freinage est telle que je me sens à l’aise uniquement avec des disques HS2 de 180 mm à l’avant et à l’arrière en enduro, et des HS2 de 200 mm à l’avant et 180 mm à l’arrière en VTTAE. Je suis plutôt léger, environ 65 kg, et avec des disques de plus gros diamètre, j’ai tendance à bloquer les roues sans le vouloir.

Sram Maven Base

Enfin, les leviers des Maven Base comme des DB8 sont montés sur bushing (baguette plastique + axe) et non sur roulement, ce qui implique un entretien régulier. La poussière ou le manque de maintenance peut entraîner des bruits ou un moins bon feeling. Il est donc recommandé de les nettoyer régulièrement et de mettre une petite goutte d’huile adaptée aux membranes en caoutchouc de temps en temps — PAS DE WD40.

Bushing

Qui pour quel profil ?

  • DB8 : pilote trail / XC, usage occasionnel engagé ou sur descente courte, vélo léger.
  • Maven Base : pilote enduro, usage régulier, recherche de puissance mais aussi de contrôle.
Sram Maven Action

Verdict final

SRAM réussit une belle montée en gamme avec sa déclinaison « accessible » : les freins Maven Base montrent que puissance, fiabilité et confort ne sont pas réservés aux « gros budgets » façon de parler, 200€ PPC le frein ça ne reste pas donnée. Le DB8, lui, tient sa place mais avec des limites évidentes dès que l’on monte en intensité.
Au final : si vous roulez en enduro / VTTAE et que vous cherchez un frein performant sans exploser le budget, regardez du côté des Maven. Pour un usage plus tranquille type trail, le DB8 pourra suffire.

Sram Maven
Mattis Pateau
Dans l'équipe, je suis le seul à avoir les mollets tondus ! Adepte de XC en compétition, j'ai également été piqué par la fibre enduro. Monter fort pour descendre fort ! Je trouve l'adrénaline quand je repousse mes propres limites.