Si vous êtes un fada des statistiques de vos sorties, l’usage d’un compteur GPS ou d’une montre sportive devient vite indispensable. Ils permettent non seulement d’analyser les efforts fournis, suivre sa progression au fil du temps, mais également de rester sur la bonne trâce ! Dans ce domaine, difficile de passer à côté du géant américain Garmin, véritable référence en matière de GPS et de montres sportives. Aujourd’hui, nous avons justement reçu en test le Garmin Edge MTB, un compteur annoncé comme spécifiquement pensé pour nos pratiques VTT.
Sur le papier, les promesses sont nombreuses… mais qu’en est-il réellement une fois sur le terrain ?
Garmin Edge MTB
GPS
Tarif de 399€
Testé par Mathieu Massé
Au déballage
Je vais vous l’avouer : l’idée d’un GPS dédié à la pratique enduro / DH suscite forcément une certaine curiosité. À l’ouverture de la boîte, on retrouve l’essentiel pour prendre la route rapidement : un support de fixation VTT classique, un socle permettant de fixer le GPS à l’aide d’une sangle sur le top tube — avec plusieurs cales pour s’adapter au mieux à sa forme — ainsi qu’un câble de recharge servant également au transfert de données, même si l’essentiel peut se faire via Bluetooth.
Tout est donc réuni pour installer le Garmin Edge MTB en quelques minutes et être prêt à rouler.

Au premier contact, difficile de ne pas être surpris par la légèreté de ce GPS. Sur la balance, il pourrait presque passer pour un jouet. Pourtant, la qualité de fabrication rassure immédiatement : le verre paraît épais, les boutons sont robustes et l’ensemble dégage une vraie impression de solidité. Le Garmin Edge MTB ne donne clairement pas le sentiment d’un produit fragile.
En revanche, la taille réduite de l’écran — et du GPS de manière générale — interroge pour un usage orienté navigation. Un point sur lequel nous reviendrons plus en détail par la suite.
Vient alors le moment de fixer l’appareil sur le vélo et de partir rouler. Et c’est là que la taille du GPS pose question. En l’état, il m’est impossible de l’installer sur le top tube tout en conservant une lecture confortable de l’écran en roulant. L’emplacement disponible sur mon vélo positionne le GPS trop bas, ce qui le rend difficilement visible à l’usage.
J’ai finalement trouvé une solution en fixant la sangle au niveau de la potence. Une installation qui s’est révélée parfaitement stable, sans aucun mouvement parasite. C’est donc cette configuration que j’ai retenue pour mes sorties.

À l’utilisation
Sortie sans navigation GPS
Après plusieurs mois d’utilisation, j’identifie deux usages bien distincts d’un GPS dans ma pratique du VTT. Le premier concerne les sorties sans guidage, lorsque je connais parfaitement mon terrain de jeu et que je souhaite simplement enchaîner mes sentiers favoris.
Dans ce contexte, le Garmin Edge MTB se montre particulièrement pertinent. La précision de la trace est excellente, les données liées aux sauts sont pertinentes et la détection automatique des spéciales fonctionne de manière très efficace. Une fois la sortie terminée, l’appareil propose une analyse détaillée et précise de l’activité.

Le GPS identifie de lui-même les phases de montée. Il est alors capable d’afficher en temps réel le temps de l’ascension en cours, ainsi que son profil, une aide précieuse pour mieux gérer son effort et adapter son rythme en conséquence.
Lors de la bascule vers la descente, le GPS l’identifie également et passe automatiquement en 5 GHz afin d’augmenter la précision du suivi. Un changement clairement perceptible sur le terrain. À titre de comparaison, face à ma montre actuelle — une Garmin Venu — l’Edge MTB parvient à distinguer deux spéciales séparées de seulement quelques mètres, là où la montre les confond et enregistre deux fois la même descente.
Autre point fort : le GPS détecte les spéciales situées autour de vous. À l’image de ce qu’il propose en montée, il affiche le profil de la descente, sa distance et l’ensemble des informations pouvant être utile avant de s’élancer.

Sortie avec navigation GPS
Je suis en revanche moins habitué aux sorties avec guidage GPS, n’en possédant pas habituellement. J’ai donc profité de ce test du Garmin Edge MTB pour me glisser dans la peau d’un baroudeur en quête de nouvelles traces. Et je dois bien l’avouer : je me suis rapidement pris au jeu.
Sur Garmin Connect, la partie dédiée à la recherche et à l’importation de traces est particulièrement bien conçue. Que ce soit dans ma forêt habituelle ou dans un nouveau secteur, j’ai trouvé des parcours intéressants de manière simple et intuitive. Il suffit de naviguer sur la carte, de sélectionner une trace qui nous attire, puis de l’envoyer directement sur l’appareil.
Une fois la trace chargée, il suffit de lancer le GPS pour partir rouler. L’Edge MTB propose automatiquement de vous guider jusqu’au point de départ du parcours, avant d’enchaîner sur le suivi de la trace. C’est d’ailleurs l’un des premiers défauts que j’ai relevés chez Garmin. Si le GPS permet bien de rejoindre une trace depuis n’importe quel point, la gestion des parcours en boucle manque de logique. Plutôt que de vous ramener à l’endroit où vous avez rejoint la trace, l’appareil cherche systématiquement à vous conduire jusqu’à la fin du tracé.
Résultat : lorsque vous arrivez au point final — qui correspond pourtant au point de départ dans le cas d’une boucle — il faut relancer manuellement le guidage pour continuer. Un détail, certes, mais qui peut rapidement devenir agaçant à l’usage.
Une fois la trace lancée, l’affichage se montre globalement lisible. Le parcours apparaît clairement à l’écran et les intersections sont annoncées à l’avance, avec un décompte de la distance avant le prochain changement de direction. Un vrai plus pour limiter les erreurs de navigation et rouler l’esprit plus léger.
Mais — car il y a un mais — la petite taille de l’écran vient rapidement compliquer les choses. D’autant plus que le GPS a tendance à dézoomer automatiquement lorsque la vitesse augmente. Résultat : on se retrouve vite avec une vue trop large pour distinguer précisément les sentiers, ce qui mène souvent à une erreur de trajectoire. Il faut alors ralentir, faire demi-tour ou s’arrêter pour zoomer manuellement sur la carte afin de retrouver son chemin. Autre point frustrant : la navigation dans la carte n’est pas tactile. Tout passe par une succession de menus et de boutons, une ergonomie clairement datée qui donne parfois l’impression de faire un bond en arrière. Dans ces conditions, manipuler la cartographie en roulant relève vite du parcours du combattant.

Je dois avouer que j’ai pas mal pesté lors de ma sortie avec le GPS. J’ai finalement réussi à suivre ma trace, donc rien de rédhibitoire, mais il faut être clair : la principale qualité de ce Garmin n’est pas de faciliter la vie des baroudeurs pressés.
Ma pratique, plutôt orientée sensations et pilotage qu’exploration, n’est pas forcément adaptée au fonctionnement de l’Edge MTB. Il faut ralentir, chercher, bidouiller… autant d’interruptions frustrantes qui viennent casser le rythme.
En revanche, pour un pratiquant qui voyage, prend le temps de se laisser guider et souhaite profiter d’un suivi, le GPS prend tout son sens. Même si l’écran reste moins lisible que d’autres compteurs de la gamme, l’Edge MTB reste un outil intéressant pour organiser ses sorties et ne pas se perdre.
GPS oui, mais pas que !
Le Garmin Edge MTB permet également de créer des temps intermédiaires, pratique si vous êtes en mode entraînement ou si vous souhaitez améliorer vos temps de passage sur certaines sections. Pour ma part, c’est un peu gadget, mais pour un profil plus compétiteur, cela peut avoir tout son sens.

Côté statistiques, on est typiquement dans l’univers Garmin : VO₂ max, données de transpiration, temps de récupération… Bref, toutes les informations nécessaires pour analyser et jauger l’effort fourni durant la sortie. Une métrique particulièrement intéressante : la constance, qui mesure le maintien de la vitesse. Pratique pour identifier si vous freinez trop (spoiler : moi, je freine trop… et j’avoue, cette stat ne me fait pas plaisir 😅).


La grosse amélioration sur ce compteur concerne la partie DH. Concrètement, le GPS détecte automatiquement lorsque vous prenez une remontée mécanique et n’inclut pas ce dénivelé positif dans vos statistiques. Je n’ai cependant pas eu l’occasion, en cette période hivernal, de l’essayer.
Par contre, j’ai pu constater que la partie enduro est très efficace : la détection des pistes fonctionne parfaitement, la précision du suivi est au rendez-vous, et même la détection des sauts ainsi que le calcul des distances parcourues s’avèrent diablement précis. Une vraie avancée pour ceux qui veulent des données fiables sur leurs sorties engagées.
Il est bien sûr possible de préparer et charger des entraînements spécifiques, mais c’est un classique sur les appareils Garmin et rien de bien surprenant. La fonctionnalité que je voulais absolument tester était le Group Ride : elle permet de partager ses données entre appareils Garmin afin de ne jamais perdre un camarade lors d’une sortie — ce qui, avouons-le, arrive plus souvent qu’on ne le voudrait ! Les explications fournies sont claires et je n’ai eu aucune difficulté à suivre les étapes pour configurer le système. En revanche, il m’a manqué un compagnon équipé d’un GPS ou d’une montre Garmin pour réellement mettre cette fonctionnalité à l’épreuve. Une frustration, mais la promesse reste séduisante pour les sorties en groupe.
Le GPS propose également la fonctionnalité LiveTrack, assez courante sur les compteurs GPS mais toujours appréciable. Elle permet à vos contacts désignés de suivre votre sortie en temps réel. Une détection d’incident est également intégrée : en cas de chute, vos contacts d’urgence reçoivent automatiquement une alerte. À la manière d’un Waze, les utilisateurs peuvent signaler des dangers sur le parcours, et vous êtes averti directement sur votre GPS. Pratique pour éviter de foncer tête baissée dans un arbre couché ou un sentier encombré ! Enfin, le Garmin Edge MTB est compatible avec les appareils inReach, offrant la possibilité de communiquer même dans les zones les plus isolées.
Pas de tactile, mais solide ?
Quand on investit ce prix dans un GPS, on s’attend à un produit capable de nous accompagner longtemps, et sur ce point, le Garmin Edge MTB rassure. Le verre Corning® Gorilla® tient ses promesses : solidité et résistance aux rayures sont au rendez-vous. Mon GPS est ressorti impeccable de tout mon essai, malgré la boue, les branches, les multiples nettoyages… et ma maladresse chronique (je précise quand même : pas de chocs au sol catastrophiques, restons raisonnables).
Bonus croustillant : j’ai oublié l’appareil dans la machine à laver… lavage + essorage à 1 400 tours. Résultat ? Le GPS est ressorti comme neuf, propre et sans la moindre éraflure. Impressionnant !
L’autonomie ne m’a pas fait défaut non plus. Sur une sortie de 3h30 en mode navigation, le GPS n’avait consommé que 30 % de sa batterie, ce qui est très rassurant pour une sortie à la journée. Pour ceux qui roulent comme moi, il suffit de le recharger une fois toutes les 3 à 4 sorties pour être tranquille, sans craindre de tomber en panne en pleine sortie.



Bilan

Garmin nous propose ici un compteur GPS taillé pour les enduristes et les descendeurs. Amateur de statistiques et souhaitant mesurer leurs performances sur leurs sessions. Il va même vous aider en conseillant un temps de Garmin nous propose ici un compteur GPS taillé pour les enduristes et les descendeurs. Amateur de statistiques et souhaitant mesurer leurs performances sur leurs sessions. Il va même vous aider en conseillant un temps de récupération et en permettant de trouver des sessions d’entrainement si vous n’êtes pas un pro. Il a aussi des fonctionnalités intéressantes pour rouler en groupe, et être en sécurité. En revanche, le GPS a des limites niveau guidage.

+ Fiable
+ Qualité de construction
+ Ecosystème Garmin complet

– Petit écran
– Navigation GPS
– Pas de tactile, interface un peu daté



























